Colloque « Éducation et numérique : du 17/2/2016 

Préparer au mieux l’avenir, en formant efficacement les élèves et les citoyens de demain.

Colloque Education & numérique

Cet après-midi , du 17/2/2016, de réflexion et de travail a été consacrée aux liens et aux complémentarités, qui existent entre le monde scolaire et les outils numériques, ainsi qu’aux influences que leur interaction produit sur l’organisation locale du système éducatif.

 

Pour faire simple,  nous nous sommes penchés sur les conséquences dans nos établissements et nos villes, de l’irruption du numérique dans la vie des élèves et des habitants.

Bien sûr, il nous a fallu aussi aborder les limites, les freins et les blocages propres à cette évolution technologique, et voir s’il est utile, nécessaire voire indispensable de les dépasser.

L’essentiel a été de s’exprimer librement, afin d’exposer les atouts et les inconvénients de l’intégration du numérique dans le domaine éducatif, en particulier sur le territoire de Plaine Commune, dont je suis l’élue chargée du Développement numérique.

Avant de revenir sur le contexte général, j’ai souhaité faire part de quelques remarques personnelles.

En tant qu’élève, entre autres au lycée Jacques Feyder à Épinay-sur-Seine, j’ai constaté que le progrès technologique a toujours été intégré par le monde scolaire.

Comme certains d’entre vous, j’appartiens à une génération qui a connu l’arrivée du rétro-projecteur dans les classes, et celle des photocopies inodores, qui ont remplacé les polycopiés à la forte odeur d’alcool.

Ce n’est pas de la nostalgie : simplement de souvenirs de mon enfance et de mon adolescence, qui nous rappellent que le déroulement d’un cours dans les années 1980 ne pouvait pas être le même qu’actuellement, simplement pour des raisons techniques.

Si certaines technologies n’avaient pas été inventées ou suffisamment démocratisées, elles ne pouvaient pas s’inscrire dans le parcours éducatif, le paysage scolaire et la mémoire de l’élève que j’étais !

Puisque j’évoque la démocratisation de l’innovation, je tiens à revenir sur un récent article du journal « Le Parisien », précisément du 29 janvier dernier, qui m’a interpellé.

Cet article traite d’un enseignant du collège Roger Martin du Gard, toujours à Épinay-sur-Seine, la ville de Plaine Commune dont je suis l’élue.

Cet enseignant, Monsieur Laboudigue, a mis en place la méthode de la classe inversée, avec les devoirs à l’école, et le cours à la maison, grâce à des vidéos que les élèves doivent visionner chez eux.

Dans l’encadré de cet article, il est indiqué – je cite : « Dans la classe de 4e de Geoffroy Laboudigue, tous les élèves, même d’origine modeste, disposent chez eux d’internet et d’un écran pour regarder leurs cours de maths en ligne. »

Autrement dit, certains outils numériques font partie du quotidien de presque toutes les classes sociales, même sur le territoire de Plaine Commune, dont la population est plutôt défavorisée.

Et ceci dès le plus jeune âge, quand on observe avec quelle facilité un jeune enfant se sert d’une tablette tactile !

 

Par conséquent, si les outils numériques, tels qu’internet et l’écran, se retrouvent quasiment chez tout le monde, pourquoi ne seraient-ils pas présents dans nos écoles, nos collèges et nos lycées ?

 

C’est ce constat, doublé de la volonté de mieux préparer les enfants à l’avenir, en leur apprenant à se servir intelligemment de ces outils modernes, qui a conduit la Municipalité d’Épinay-sur-Seine a doté toutes ses écoles élémentaires de Tableaux Numériques Interactifs.

Cette mesure, qui peut être perçue comme un facteur de la réussite scolaire au XXIe siècle, permet aussi de mettre à niveau tous les enfants dans ce domaine du savoir, et de lutter contre la fracture numérique, qui repose finalement moins sur l’accès ou la possession de ces outils, que sur leur maîtrise approfondie et les usages qui peuvent en être faits.

En effet, le monde du numérique ne se résume pas qu’à Facebook, Twitter, Instagram, Snapchat… et même Wikipédia, me feront remarquer à juste titre les enseignants ici présents !

Le développement et la démocratisation du numérique sont bel et bien des réalités, ce qui m’amène au contexte général qui a présidé à l’organisation de cette demi-journée de réflexion.

Entre 2012 et 2014, un comité technique regroupant la Communauté d’agglomération Plaine Commune, le Conseil général de la Seine-Saint-Denis et l’Éducation Nationale a réuni plus de 25 personnes et touché 6 communes du territoire.

Ce comité a accompagné les communes dans la construction de leur politique numérique éducative, et à renforcer le partenariat entre tous les acteurs et l’Éducation nationale.

Cette démarche s’est inscrite dans la lignée des prérogatives ministérielles sur le développement du numérique à l’école, telles qu’elles ont été évoquées lors de la deuxième rencontre « Numériquez-vous ! », organisée par Plaine Commune le 4 décembre 2012.

Bien que l’éducation ne soit pas une compétence de la collectivité, Plaine Commune a souhaité accompagner les villes qui le désiraient, dans un échange constructif avec tous les acteurs du territoire.

 

Le 27 novembre 2013, était signée une convention entre l’Académie de Créteil, le Département de la Seine-Saint-Denis et Plaine Commune.

 

Plusieurs éléments ont plaidé en faveur de cette démarche concertée :

– Tout d’abord, les enjeux de réussite éducative sont manifestes dans le département, et singulièrement dans les villes de Plaine Commune.

De l’avis de tous les acteurs éducatifs, il y a là un enjeu fondamental pour l’avenir de ce territoire marqué par des taux de décrochage et d’échec scolaires très importants.

La démarche d’Agenda 21, menée par la Communauté d’agglomération, a vu émerger de manière très forte cette préoccupation éducative parmi la population.

– Ensuite, le développement des usages du numérique dans les processus éducatifs constituent un des leviers de la réussite éducative pour tous, réaffirmé dans la loi de refondation de l’école.

– Par ailleurs, l’amorce de coordination des acteurs à l’échelle de l’agglomération, dans le cadre du volet éducatif de l’Agenda 21 et de la démarche « Numériquez-vous ! », qui constitue un point d’appui pour une démarche concertée, a permis de confirmer les constats faits ailleurs, relatifs aux freins rendant difficiles le déploiement de ces usages éducatifs innovants.

Ces freins sont de plusieurs ordres et liés :

  • au manque d’infrastructures permettant l’accès au haut débit ;
  •  à l’usage inégal de matériels dans les écoles ;
  •  au besoin d’expertise des villes en la matière ;
  •  au coût d’investissement et de maintenance de ces matériels ;
  •  à la formation aux usages pédagogiques de ces matériels ;
  •  à la sensibilisation de l’ensemble de la communauté éducative, notamment les parents ;
  •  et au manque de cohérence entre le temps scolaire et le temps éducatif de l’enfant.

Un autre élément qui a favorisé cette démarche concertée est le fait que, dans le cadre de la refondation de l’école, des stratégies volontaires ont été portées par le ministère de l’Éducation nationale, visant à :

  • réduire les inégalités sociales, territoriales et numériques ;
  •  renforcer le plaisir d’apprendre et d’aller à l’école ;
  •  permettre aux élèves de s’insérer dans la société en tant que citoyens et dans la vie professionnelle ;
  •  favoriser l’implication des parents dans la scolarité de leurs enfants ;
  •  et développer des pratiques pédagogiques diversifiées.

 

– En outre, le fait que le Département mette en place une démarche volontaire de raccordement et d’équipement des collèges du territoire départemental a été déterminant.

Le Département travaille également en partenariat avec l’Éducation nationale sur le développement des usages au sein des établissements et en ouverture sur leur environnement.

 

Enfin, les futurs Projets Éducatifs de Territoire et du Département constitueront une opportunité de formalisation de cette démarche.

 

Concrètement, la convention engage chacun des signataires à mettre en œuvre, de manière concertée, les moyens dont il dispose, pour accélérer et faciliter le développement et le déploiement des usages numériques éducatifs, au sein et autour des établissements scolaires du primaire et du secondaire.

 

Bien sûr,il est nécéssaire d’insister sur le fait que cette démarche concertée implique l’ensemble des acteurs de la communauté éducative.

 

La convention repose sur 6 axes de mise en œuvre, qui consistent en :

  1. enrichir et soutenir les expériences, mutualiser et essaimer à partir des sites concernés ;
  2.  mettre en place progressivement un lieu de formation et de ressources, pour la communauté éducative du territoire sur les usages numériques éducatifs ;
  3. élaborer, en s’appuyant sur l’expertise du Rectorat et du Département, un cadre de préconisations minimales pour ces expériences, puis un « guide des usages et équipements » ;
  4. accompagner la structuration du volet numérique des futurs Projets Éducatifs de Territoire ;
  5. travailler sur la mise à disposition mutualisée des ressources éducatives numériques ;
  6. et favoriser les projets éligibles aux différentes aides françaises, européennes, et internationales, dans le but de rechercher des financements ad hoc.

 

Je tiens encore une fois à remercier vivement tous les partenaires de cette convention, et de cette demi-journée d’échanges, en particulier les représentants de l’Éducation nationale, qui sont d’indispensables et précieux interlocuteurs, pour mener à bien cette réflexion de longue haleine.

 

C’est ainsi que nous serons en adéquation avec le présent, pour préparer au mieux l’avenir, en formant efficacement les élèves et les citoyens de demain.